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“Que si tu t’attaches à ces dernières comme si elles étaient à toi, tu seras esclave, tu seras soumis, tu seras entravé, tu seras contraint, tu seras dans la dépendance d’autrui.”
Quel est donc le langage de la liberté ? — 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Est-ce là tout ? — 'Oui, et rien de plus.' — Mais comment savoir ce qui t’appartient ? — 'C’est ce que tu as le pouvoir de disposer à ton gré.' — Et qu’est-ce que tu as le pouvoir de disposer à ton gré ? — 'Mon opinion, mon désir, mon aversion, en un mot, toutes les choses qui sont l’œuvre de mon libre arbitre.' — Qu’est-ce que tu n’as pas le pouvoir de disposer à ton gré ? — 'Mon corps, mes biens, ma réputation, mes fonctions, en un mot, toutes les choses qui ne sont pas l’œuvre de mon libre arbitre.' — Qu’est-ce qui suit de là ? — 'Que si tu t’attaches à ces dernières comme si elles étaient à toi, tu seras esclave, tu seras soumis, tu seras entravé, tu seras contraint, tu seras dans la dépendance d’autrui.' — Et si tu t’attaches aux premières comme à ce qui t’appartient, que t’arrivera-t-il ? — 'Que tu seras libre, que tu n’auras à souffrir ni empêchement ni contrainte, que tu n’auras rien à craindre, que tu ne t’inquiéteras de rien.' — Quel est donc le langage de la liberté ? — 'C’est de ne jamais dire à personne : 'Tu es mon maître' ; car si je te dis : 'Tu es mon maître', je suis esclave ; et je ne suis pas libre.' — Mais comment s’y prendre pour ne jamais dire cela ? — 'En te souvenant que ce qui est à un autre ne t’appartient pas ; que ce qui est à toi, tu le possèdes en propre ; que ce qui est à un autre, tu ne le possèdes que par prêt ou par dépôt ; et que tu dois en user avec mesure, en te rappelant que c’est à un autre, et que tu en es le gardien, non le propriétaire.' — Voilà le langage de la liberté. — Mais si tu t’attaches à ces choses comme si elles étaient à toi, tu seras esclave ; car tu seras soumis à la volonté de celui qui peut te les enlever. — Et qui est celui qui peut te les enlever ? — 'Celui qui est plus fort que toi.' — Et qui est plus fort que toi ? — 'Celui qui est plus fort que ton corps, que tes biens, que ta réputation, que tes fonctions.' — Car c’est là ce que tu as donné à d’autres ; et tu es devenu leur esclave, parce que tu as mis ta liberté dans ces choses. — 'Mais si je ne les regarde pas comme miennes, je suis libre.' — Oui, mais pour cela il faut que tu aies le courage de dire : 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Et si l’on te menace de mort, que diras-tu ? — 'Je dirai : 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Et si l’on te menace de prison ? — 'Je dirai : 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Et si l’on te menace d’exil ? — 'Je dirai : 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Car toutes ces choses ne sont pas à moi ; elles sont à toi, qui les as en ton pouvoir. — 'Mais si je ne les regarde pas comme miennes, je suis libre.' — Oui, mais pour cela il faut que tu aies le courage de dire : 'À moi, ce qui m’appartient ; à toi, ce qui t’appartient.' — Et si l’on te propose de choisir entre la mort et la liberté ? — 'Je choisirai la liberté, parce que la mort n’est pas en mon pouvoir, mais la liberté est en mon pouvoir.' — Comment cela ? — 'Parce que je puis mourir librement, et que je ne puis être libre malgré moi.' — 'Mais si l’on me force à faire ce que je ne veux pas ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire souffrir ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire perdre mes biens ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire perdre ma réputation ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire perdre ma vie ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire perdre ma liberté ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire perdre toutes ces choses ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire souffrir la mort ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire souffrir la mort ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.' — 'Mais si l’on me menace de me faire souffrir la mort ?' — 'Tu n’es pas forcé, puisque tu peux mourir.