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“Ce monde, nul des dieux, nul des hommes ne l'a créé, mais il a toujours été, il est et il sera un feu toujours vivant, s'allumant selon des mesures et s'éteignant selon des mesures.”
Quoique ce Logos existe éternellement, les hommes sont incapables de le comprendre, soit avant de l'avoir entendu, soit après l'avoir entendu pour la première fois. Car, bien que toutes choses arrivent selon ce Logos, ils sont comme des gens sans expérience, lorsqu'ils éprouvent tant les paroles que les actes tels que je les expose, en distinguant, suivant leur nature, et en déclarant ce que chacune des choses est. Mais ce que font les autres hommes échappe à leur attention, tout comme ce qu'ils font dans le sommeil.
Il faut donc suivre ce qui est commun à tous. Mais quoique le Logos soit commun, la plupart des hommes vivent comme s'ils avaient une intelligence particulière.
Toutes celles et tous ceux parmi les hommes qui ont le désir de connaître avec sagesse doivent, avant tout, juger sainement les choses universelles : car c'est en elles, disait-il, que se trouvent la pensée et la sagesse.
Ce monde, le même pour tous les êtres, n'a été fait ni par un dieu, ni par un homme ; mais il a toujours été, il est et il sera un feu vivant, s'allumant et s'éteignant avec mesure.
Ce monde, nul des dieux, nul des hommes ne l'a créé, mais il a toujours été, il est et il sera un feu toujours vivant, s'allumant selon des mesures et s'éteignant selon des mesures. Lorsqu'il s'allume, il possède des mesures de naissance et de croissance des choses ; lorsqu'il s'éteint, il en possède d'autres, celles de la consommation et de la destruction.
Tout s'écoule, et rien ne demeure. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, car toujours des eaux nouvelles viennent affluer et passer. De même, les hommes successifs qui vivent et qui meurent remplacent ceux qui les ont précédés.
Il faut savoir que la guerre est commune à tout, que le conflit est la justice, et que toutes choses naissent par la discorde et la nécessité. La guerre est le père de toutes choses, le roi de toutes choses : elle a révélé les uns comme dieux, les autres comme hommes ; elle a fait les uns esclaves, les autres libres.
Le contraire coopère, et la plus belle harmonie naît de ce qui diverge. Tout advient par le conflit et la nécessité. Ce qui s'oppose est utile, et c'est des choses différenciées que naît la plus belle harmonie.
Ils ne comprennent pas comment ce qui diverge concorde avec soi-même : une harmonie de tensions opposées, comme celle de l'arc et de la lyre.
La nature aime à se cacher.
Je me suis cherché moi-même.
Tous les hommes ont le pouvoir de se connaître eux-mêmes et de penser avec sagesse. Ceux qui cherchent l'or creusent beaucoup de terre et en trouvent peu.
Le plus beau singe est laid comparé au genre humain. De même, le plus sage des hommes paraîtra un singe, comparé à un dieu, en matière de sagesse, de beauté et de tout le reste.
L'homme qui parle avec intelligence doit s'appuyer sur ce qui est commun à tous, comme une cité s'appuie sur sa loi, et avec une confiance encore plus grande. Car toutes les lois humaines sont nourries de la seule loi divine, qui domine autant qu'elle veut, et qui suffit à tout, et qui surpasse tout.
Le caractère de l'homme, c'est son destin.
Une seule chose est la sagesse : connaître la pensée qui dirige tout à travers tout.
L'âme sèche est la plus sage et la meilleure. Celui qui marche dans les rues s'étonne de ne pas rencontrer d'hommes : le matin, on salue les morts.
Ce que nous voyons éveillé est commun à tous, la mort ; ce que nous voyons endormi est particulier, le songe.
Pour les âmes, la mort devient eau ; pour l'eau, la mort devient terre ; mais de la terre naît l'eau, et de l'eau, l'âme. Le chemin qui monte et le chemin qui descendant sont un seul et même chemin.
Aux âmes, il appartient de deviner, en s'efforçant de comprendre ce qui est. Elles quittent le corps et renaissent dans le monde, comme la flamme se renouvelle en se nourrissant de ce qui s'embrase.
Le soleil est nouveau chaque jour : s'il ne renouvelait pas sa course, les saisons n'existeraient plus. Mais la lumière du soleil ne s'épuise pas ; à chaque aube, elle renaît de sa propre source.
Dieu est jour et nuit, hiver et été, guerre et paix, abondance et disette ; mais il change de formes, comme le feu, qui, quand il se mêle aux parfums, prend le nom de chacun d'eux, selon le plaisir de chacun.
La pensée est commune à tous les hommes. Tous les hommes ont en eux le pouvoir de penser, mais la plupart ne l'éveillent jamais. Ceux qui parlent avec intelligence doivent s'appuyer sur ce qui est commun à tous les hommes, comme une cité s'appuie sur ses lois.
Ceux qui entendent sans comprendre ressemblent aux sourds : l'adage s'applique à eux. Présents, ils sont absents.
La sagesse consiste en une seule chose : connaître par la pensée comment toutes choses sont gouvernées à travers toutes choses.
Beaucoup ne comprennent pas les choses qu'ils rencontrent, et, après avoir appris, ils ne connaissent pas ; mais ils se font illusion à eux-mêmes. La plupart des hommes ne comprennent pas ce qu'ils voient, ni ce qu'ils entendent : leur âme est étrangère à la raison, comme celle des dormants.
Une seule chose est la sagesse : connaître la pensée qui gouverne tout à travers tout. Celui qui ne croit pas espérer ne connaîtra pas, car ce qui est caché ne se dévoile pas à qui ne cherche pas.